Digne héritière d’une lignée de Renault sportives, la Clio Williams proposée initialement sous forme d’une série limitée a fait mouche dans le coeur des amateurs de bombinettes. Apparue à une période où justement ce segment était en véritable chute libre face à la montée en puissance du Diesel et de la répression routière, la Williams allait à l’encontre de la demande d’une majorité d’automobilistes prêts à se réfugier dans des valeurs plus orientées vers le confort et l’économie.

Ce n’était pas un hasard si Renault avait choisi de présenter à la presse en 1993, sa nouvelle petite merveille sur l’île de beauté, en référence au Tour de Corse, en même temps que ses dérivés groupe A et groupe N… La Clio Williams est en effet une authentique sportive, destinée à servir de base à la compétition. Faisant d’une même pierre deux coup, c’est avec le nom de l’écurie de F1 que Renault Sport a mené à la victoire que la belle Clio a été habillée pour donner naissance à une petite boule de nerfs qui ne manque pas non plus d’allure. Il suffit de faire le tour du propriétaire pour s’en convaincre.

Tout d’abord, ce qui frappe immédiatement pas rapport à une 16S, ce sont les jantes Speedline dorées. Reconnaissable également aux discrets stripping « Williams » collés sur les flancs et le hayon, ainsi qu’au badge « 2.0 » des baguettes latérales, la nouvelle venue dans sa livrée unique « bleu sport ».

En 1993, Renault avait besoin d’un moteur 2 litres dans sa clio pour pouvoir s’engager en rallye. Qu’à cela ne tienne, s’il faut un 2 litres à la clio, elle en aura un ! Cependant, il est hors de question d’implanter un 2 litres déjà existant dans la gamme sous le capot de la petite. Les frais engendrés seraient trop élevés. La solution est donc de partir d’un bloc existant, en augmentant simplement sa cylindrée. C’est le moteur F qui a servi de base dans la Williams. C’est ce même bloc qui sera le premier moteur Renault à recevoir une culasse à 4 soupapes par cylindre sur la R19 16S, en 1990. Amorti et fiabilisé, ce bloc Renault, brille plus par sa robustesse que par son caractère… Le F7P (F16ie) de la Clio 16S est donc devenu F7R pour la Williams, passant de 1764cm3 à 1998 cm3 et atteignant donc sa limite de cylindrée par réalésage et par l’augmentation de sa course grâce à l’utilisation d’un vilebrequin de Clio Diesel. Comme pour mieux justifier sa filiation à la F1, la culasse est trempée et résinée. Les conduits d’admission sont polis, les ACT aux lois d’ouverture spécifiques permettent d’augmenter la levée des soupapes. Les soupapes d’admission agrandies recoivent des poussoirs hydrauliques. Le carter d’huile cloisonné et le collecteur d’échappement type 4 en 1 en tôle viennent parfaire cette préparation « course ».

Le résultat : 150 ch DIN à 6100 tr/min, 18,2 mkg à 4500 tr/mn dont 85 % disponibles dès 2500 tr/mn, avec cette préparation on se croirait revenu 20 ans en arrière avec les modèles Gordini ou Alpine ! Ce moteur brillant, souple, nerveux et fiable, sera d’ailleurs repris plus tard pour le coupé mégane et le Spider Renault.

Une fois à bord, calé dans de « vrais » sièges baquets, on apprend à profiter de l’excellent maintien pour s’offrir de superbes sensations. Bien aidée par un train avant réglé aux petits oignons et un couple maxi qui arrive assez tard, la motricité est étonnante eu égard aux « petits » pneus. Les jantes Speedline chaussées en 185/55 VR 15 contribuent pourtant au comportement de la Williams. Le train avant est précis et profite largement de l’élargissement des voies avant grâce à l’utilisation de triangles inférieurs de R19 16S. L’évolution du comportement routier constitue une des qualité les plus marquantes de la Williams par rapport à la 16S. Avec l’élargissement du train avant de 34 mm, le taux de flexibilité des barres arrières a été réduit alors que l’amortissement est spécifique. Il est plus raide que sur la 16S et la garde au sol est légèrement abaissée. La direction assistée de série est identique à celle de la Clio 16S. Le freinage est aussi celui de la 16S mais l’ABS n’est pas proposé ici, même en option. Les quatres disques offrent une bonne puissance et conservent une endurance appréciable pour stoper la petite tonne de la Williams.

 

Livrée neuve à Paris cette Williams n’a eu que 3 propriétaires,

Elle n’affiche aujourd’hui que 77000 Km et dispose de son carnet d’entretien, de factures et de l’ensemble des manuels d’origine de la voiture.

Toujours restée dans sa configuration d’origine, n’ayant jamais eu à subir les outrages de la compétition ou du tuning, cette Williams est dans un état exceptionnel.

Aucune corrosion n’est à signaler sur cette Williams toujours conservée amoureusement,

Cette Williams est vendue.